Suis ta destiné dans le Triangle d'Or et la ville-joyau : Pierre-étoile !
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 Une petite histoire

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Nefertis
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MessageSujet: Une petite histoire   Dim 27 Déc - 17:17

A vrai dire c'est par cette histoire que l'idée m'est venu de créer un forum RPG en fait pour être plus exact j'ai demandé à Enes' (Zith) si il aimerait pas faire un forum (il s'y connait beaucoup plus que moi en forum), il m'a dit que oui et même qu'il connaissait une personne parfaite pour le faire avec nous. Et une fois que le projet était bien lancé j'ai donné mon histoire comme base du contexte et de cette histoire en voilà le début.

NB: Pour les mesures, j'utilise le système métrique à l'exception du kilomètre remplacé par la lieue (lieue kilométrique: 4 kilomètre). Pour le temps j'utilise notre calendrier (sans JC et les saints bien sûr, ni noël et tout ce qui s'ensuit).

Le cinquième sceau



Prologue



Au début il n’y avait rien, ni l’espace, ni le temps n’existaient encore. Puis vinrent les Dieux, surgissant de rien donc maître de tout. Ils étaient au nombre de quatre et leur puissance avait pour seules limites celles dictées par les lois de leur volonté.
Ils planèrent longtemps dans le vide infini, appréhendant le mystère de leur propre existence. Puis quand le mystère n’en fut plus un, ils tinrent concile.
« -Je me nomme Erretar et voici où poussera toute vie, dit le premier, nous l’appellerons la Terre.
-Je me nomme Feyon et voici le feu qui animera toute vie, dit le second, le brasier qui rythmera toute vie sera le soleil et pour éclairer son absence voici les étoiles.
-Je me nomme Eya, poursuivit la troisième, voici le fluide qui nourrira la vie, l’eau.
-Je suis Varla et mon élément est l’air qui baigne toute chose, dit la dernière. »
Telles furent leurs paroles et ainsi le monde fut créé.
Ils s’observèrent, s’acceptèrent et reconnaissant l’existence des uns et des autres leur union fut consacrée par le monde nouveau né. Le fourmillement de la vie envahit tous les éléments. Les oiseaux emplirent le ciel de leurs plumes soyeuses. Des marées écailleuses se déversèrent dans la mer. La terre se fit verdoyante et éclata en floraisons printanières et le sol ombragé fut foulé d’un seul coup par des milliers de bêtes.
Les Dieux, leur œuvre achevée, s’abimèrent dans la contemplation de leur création. Passèrent les années et les siècles devant leurs yeux endormis.
Puis vint le temps où les Dieux voulurent de nouveau combler le monde. Ils créèrent quatre races à leur image douées de raison pour perpétrer et faire croitre leur pensée.
A Erretar, les nains durs comme la pierre, robuste comme le roc.
A Eya, les laryanes, douces comme l’eau, leur chant plus pur que celui de l’oiseau.
A Feyon, les flammémérites aux milles formes changeantes.
A Varla, les hommes grands, forts et vifs comme l’aigle des hauteurs planant sur les nuées.
L’harmone régna. Et de nouveau passèrent les siècles et les années. La paix s’installa, des empires naquirent et prospèrent libre du joug de la guerre, de la pauvreté, de la maladie, de la famine et de tous les autres fléaux que nous connaissons de nos jours.
C’est en ces temps bénis des Dieux que furent construits les huit têtes du dragon nain, la cité joyau d’Eliantir, le promontoire sacerdotale de Dullij et tant d’autres merveilles dont le nom même n’est aujourd’hui plus qu’un souvenir. C’est en ces temps enfuis que furent forgées d’un même métal les quatre grandes couronnes qui ornèrent les fronts royaux en cette ère de paix, symboles d’unité à jamais perdue.
L’équilibre n’est pas. Voulu ni des Dieux, ni par le néant qui engendra les dieux, l’équilibre ne peut pas être ; Ainsi la roue doit quitter son ornière, l’oisillon ne peut rester au nid, ainsi le monde ne pouvait rester parfait, il devait connaître la violence pour jouir de la paix.
Créées à l’image des Dieux, les races étaient parfaites. L’amour n’existait pas, pas plus que la haine. Tout était beauté, rien n’était beau. L’intelligence comme la sottise était inconnue. Les passions n’existaient pas.
Sur la plus haute cime, les Dieux se réunirent.
« -Nous connaissons tout, mais notre ignorance est grande, commença Varla.
-Nous appréhendons parfaitement une face d’une chose complexe mais l’autre nous échappe, continua Feyon.
-Et comment être sûr que nous connaissons la première alors ? Conclut Erretar.
Ils réfléchirent longtemps. Finalement Eya prit la parole.
« Ce que nous appelons perfection sonne maintenant comme un défaut et non comme une vertu à mes yeux. Elle nous empêche de vivre pleinement, nous restreint. Détachons nous d’elle Abandonnons la et connaissons les peines pour connaître les joies !
-Cela est juste, dirent les trois autres, ainsi soit –il. »
Les passions furent créées. L’âme des peuples et des Dieux s’embrasa, leurs esprits pareils à des miroirs prirent la profondeur d’un lac dont on ne pouvait voir le fond, l’immobilité de leurs pensées devint tempête et ouragan et même le terrain tranquille de leurs corps fut bouleversé par des pulsions nouvelles.
« -Maintenant, dit Varla, notre puissance est un danger. La perfection était unique, notre fraternité sans faille. Par contre, les passions nous animant pourront être contraires. Un affrontement entre deux puissances infinies serait notre perte à tous. Ainsi comme nous avons abandonné la perfection de nos âmes, nous devons nous départir aussi de la démesure de nos pouvoirs. Restons au dessus du commun des mortels, n'embrassons pas leur destin mais ne restons pas tout-puissants pour le bien de tous. »
Les Dieux reconnurent la sagesse des propos de leur sœur. Ils abandonnèrent leur pouvoir dans deux pierres communes, l’une garda le grisâtre du roc, l’autre pris la limpidité du cristal.
«-C’est un signe, dit la sage, laissons ici la pierre noire, je vais prendre le joyaux. Par mon pouvoir et par le sien, j’en ferai une gemme à la puissance sans limite qui gardera la sagesse dont nous nous dépouillons aujourd’hui. Elle ne pourra être utilisée que pour le bien.
-Ainsi soit-il »
Varla se retira du monde.
La sagesse et la raison furent occultées par la folie et la haine. Les empires, les races, les Dieux eux même entrèrent en guerre les uns contre les autres. Les grandes couronnes furent perdues à jamais. Les empires éclatèrent en nations adverses. Temps obscurs, première ère de chaos, c’est en ces décennies de guerre que furent forgées à l’exemple des grandes couronnes les quatre légendaires épées divines non plus symboles d’unité mais porteuses de mort.
Quand enfin Varla sortit de sa retraite tenant en son poing l’orbe d’ambre, quintessence des pouvoirs magiques, globe étincelant à l’éclat sans pareil, elle vit à ses pieds le monde horriblement défiguré, elle vit à ses pieds le monde horriblement défiguré, des armées immenses se livrant bataille, l’esprit de tous les peuples marqué par le sceau de la haine. Elle vit ses frères et sœur se combattant en un duel incommensurablement destructeur. Elle vit la folie qui consumait toute vie en un holocauste infernal.
Ses yeux s’embuèrent de larme. Un frisson la parcourut, ses mains tremblèrent. Elle lâcha l’orbe d’ambre qui vint se briser à ses pieds sur la dure pierre en huit morceaux.
Pendant quelques instants, un nouveau soleil naquit et illumina la terre supplicié. Le pouvoir gigantesque contenue dans la gemme se dispersait autour de la terre, envahissant la voute céleste.
La magie était née. Toute création était finie.

Extrait du Livre des mythes de René Chantalier.


Chapitre 1: Un par un


Le combat avait été bref et brutal. Dix secondes de bruit et maintenant le silence entrecoupé seulement par les gargouillis spasmodique de l'agonie du vaincu.
On distinguait à peine le contours des choses dans l'obscurité presque totale de la pièce. L'assassin alla s'accouder à la fenêtre nimbée de lumière par l'halo d'une myriade d'étoile. Un profond capuchon projetait une ombre profonde sur son visage, son corps était pareillement caché dans une longue cape et d'amples vêtements qui le laissaient apparaître comme une masse uniforme et noire.
"Ce n'était pas lui, dit-il".
La voix était clame, c'était un simple constat.
"Vérifie tout de même lui répondirent en un sifflement les ténèbres".
L'assassin resta un long moment silencieux comme plongé dans ses pensées, sa main droite jouant presque machinalement avec une longue dague, éclair d'argent.
Dans une brusque détente, elle disparut, disparition suivit un instant d'un choc sourd accompagné du bruit dégouttant de la chair blessée.
"Lumière, articula sèchement l'homme". Un globe étincelant apparu au centre de la pièce, baignant toute la salle dans un violet irréel.
L'homme se retourna. On pouvait voir à présent sous le capuchon, le bout d'un nez au dessus d'une bouche bien dessiné ainsi que la ligne parfaite d'un menton. Il était proprement impossible qu'il puisse y voir quelque chose. A son ceinturon pendait une collection assez impressionnante d'arme: une épée, deux dagues et une arbalète de poing aux dimensions extraordinairement réduite.
Il s'avança vers le cadavre qui bien qu'ayant expiré continuait de faire grandir la flaque pourpre qui l'auréolait.
La dague de l'assassin s'était fiché dans l'orbite droit, coupant du même coup le bandeau qui enserrait auparavant la tête du corps à hauteur des yeux. Le bandeau ainsi enlevé révélait un œil gauche exorbité par la douleur.
"-Ce n'était pas lui, constata de nouveau l'assassin de la même voix atone.
-Ne nous attardons pas alors."
L'homme se tourna une dernière fois vers le cadavre, puis s'en fut vers la plaine de son pas inhumain et gracieux.

Quatre jours plus tard, une cinquantaine de lieues plus loin.
Deneb troisième ville du triangle d'or, région la plus prospère de l'empire de Lans, dort. La quatrième heure n'a pas encore sonné dans les tours du temple dédiée à Varla-guerrière. Les plus tardifs sont couchés, les plus matinaux dorment encore. Tout est calme.
Non tout n'est pas calme. En plus des habituels voleurs qui èrent de toit en toit inséparable compagnons des noires heures, dans les rues désertées du quartier du fou, sombre couloir aux portes closes et aux volets fermés, marchait un homme seul. Il traversait indifféremment l'ombre épaisse et la clarté d'argent de la lune moribonde. Il déambulait tranquillement.
Cette aurait presque pu passer pour un passant ordinaire malgré l'heure indue. Il fanait, regardait de droite à gauche non pas comme un voyou mais comme s'il se baladait et que toute la nuit lui appartenait.
Oui cet homme aurait pu être somme toute un homme ordinaire, banal et ennuyeux, s'il n'essuyait pas nonchalamment une lame teintée de sang.
Il s'arrêta, rangea le long poignard à sa ceinture et jeta sur le pavé le chiffon souillé. Il reprit sa marche. Après une dizaine de mètres seulement, il s'arrêta de nouveau, semblant contempler une porte à sa gauche. Assuré par quelques signes mystérieux et invisibles qu'il ne s'était pas trompé d'endroit, il se dirigea d'un pas vif et silencieux vers une porte à sa droite.
Il allait sans dire qu'elle devait être verrouillée. L'assassin vérifia tout de même, il abaissa la poignée et exerça une légère pression, la porte ne bougea pas. Ainsi certain que c'était bien utile, il sortit deux crochets d'un étui à sa ceinture. En une demi seconde c'était fini, un délicat cliquetis se fit entendre, le mécanisme simplet de la serrure fonctionnant diligemment sans la clé. Les crochets disparurent de la main de l'homme en un dernier scintillement métallique.
L'homme poussa la porte déverrouillée. Une corde se tendit, une cloche retentit fiévreusement. L'homme entra sans vraiment se presser, la cloche se tue. La porte se referma.
Un chat gris comme tous les chats à une heure si avancée miaula. Il remontait la rue, les yeux brillants. Il s'assit devant la maison et attendit, les oreilles dressés, les sens en éveil, une lueur de reproche en ses yeux émeraudes.
Un cri déchira le silence puis plus rien. Les secondes s'égrenèrent lentement dans l'atmosphère étrangement tendue. L'assassin ressortit. Ses lèvres esquissèrent un faible sourire à l'adresse du félin. Il lui caressa sa frêle échine. L'animal émit un léger ronronnement. L'homme, se désintéressant du chat, sortit de sa poche un bout de papier soigneusement plié et une plume. Il recueillit deux gouttes de son propre sang et, regardant à peine la liste de nom, barra soigneusement le quatrième.
Et, sans bruit, laissant la porte ouverte aux charognards de la ville, il disparut dans la nuit.

La pleine lune resplendissait dans le ciel clair et parsemé d'étoile. Sous ce dais apaisant sommeillait le joyau de l'empire de Lans, sa capitale, Pierre-étoile.
Sur la pente d'un toit, un chat miaula. Il était assis près d'une mansarde, il attendait observant la place en contre bas d'un œil absent. Il attendait toujours, mais jamais très longtemps. L'autre en effet aimait jouer avec les humains, mais ne faisait jamais durer le plaisir. C'était quelqu'un de joueur, mais avant tout efficace, excessivement efficace.
L'assassin en effet ressortit un court de laps de temps après de la mansarde avec la même grâce irréelle avec laquelle il était entré quelques minutes plus tôt, sa tunique ruisselantes de sang.
Il sortit la liste de nom qu'un rayon de lune éclaira:

Jonathan Mortepierre, Hevar (Alter)
Maervène Shaelin, Pont des suppliants, Deneb
Haergo Schaelin
Daphné Saesne, Quartier du fou, Deneb
Zeork Danled, Rue du passeur, Nimest
Kafran Bascion Avenue des Marches, Faraise
Fizeri Taïb Rue du grand marché, Pierre étoile
Czerane Faeti, Ruelle des Maïrs, Paossaao
Neri dite "la vive", Alter
Mieka Vorilehn Quartier des hautes instances, Netchée
Yolk Restaon Grande agora, Aktoras
Fadelgass Quanst Rue de pierre étoile, Vega
Kalias Sarilaoki Lectes (Faraise)
Ross Thialt La Wayrda, Noirmond
Ejamer Skipin Quartier du port, Vega

Il sortit une plume, se piqua le doigt avec et barra de son propre sang le nom de Fizeri Taïb.
Czerane Faeti mourut dans son sommeil, son rêve interrompu par le froid contact de l'acier.
Neri qui était dite vive se rigidifia dans la mort, sa vie s'échappant à flot entre deux de ses côtes.
Mieka Vorilehn eut droit à un duel, elle fit un faux pas qui lui coûta la vie.
Yolk Restaon réussit à s'enfuir, un carreau empoisonné lui perçant le coté, le tuer la laissa pour morte au détour d'un sentier.
Fadelgass Quanst quant à lui, après avoir croisé le fer se souvint d'un rendez vous qu'il avait oublié. Sa fuite fut de courte durée : son adversaire l'attendait au port quand il y parvint.
Kalias Sarilaoki mourut en brave homme, il était bon bretteur. Hélas pour lui pas assez.
Ross Thialt ne voulut pas mourir à Noirmond. Il prit la mer pour Sarath. Son bateau coula avant qu'il ne touche terre et soncorps fut emporté par les flots.
Un par un les noms étaient raillés par un trait de sang. L'assassin n'avait pas plus de pitié que la mort elle même et comme la grande faucheuse qui s'abat sur chacun d'entre nous, sur chaque personne de la macabre liste s'abattait la main de l'inhumain meurtrier.
Il regarda la liste où sur le nom de Ross Thialt l'encre séchait. Il s'accroupit et caressa le chat à ses cotés. "Ejamer, lui chuchota-t-il". Le chat se mit à ronronner. "Ejamer Skipin, tu ne l'entends pas encore mais la mort est déjà à ta porte.

Ejamer était un homme simple qui aimait un grand nombre de choses et en détestait au moins autant. C'était quelqu'un de bien dans sa peau. Un mètre soixante quinze pour quatre vingt cinq kilos, il accusait un petit embonpoint, résultat des années et de son goût pour la bonne chair. Il avait des cheveux noirs et court et des traits réguliers sans être vraiment beaux.
On le qualifiait volontiers dans le voisinage de "bon gars" ou d'"honnête homme", qualification peut être quelque peu hypocrite puisque de par sa fonction, presque toutes les personnes du port lui devait de l'argent.
Ejamer était en effet depuis bientôt huit ans gérant des entrepôts du port. C'était une fonction importante qui lui donnait une vie relativement aisée et beaucoup de considération. Il vivait depuis une dizaine d'année maintenant dans ce quartier. Il avait été dans l'armée durant la guerre des trois combes, cette horribles décennie de carnage qui avait déchiré tout le continent et qui avait donné à l'ex-royaume de Lans le lustre d'un empire en même temps que le contrôle des terres de l'océan d'Erin à la mer d'Omh.
Ejamer s'étiat illustré dans nombre de batailles ce qui lui avait valu après la défaite du royaume d'Estrion une pension qui quoique modeste lui avait permis de recommencer sa vie. Mais après huit ans de vie bureaucratique, plus rien ne transparaissait dans le fonctionnaire embourgeoisé d'aujourd'hui du fin guerrier d'autrefois.
Ejamer était un homme paisible qui travaillait bien la nuit et dormait bien la nuit. Pourtant il était inquiet aujourd'hui. Son sommeil avait été peuplé par des formes cauchemardesques qui prenaient tour à tour le visage d'amis défunt et le faciès d'ennemis vaincus. Toute la nuit, il avait été hanté par ces fantômes ou spectre qui hantaient d'effrayant souvenirs appartenant à un passé lointain.
Il sortit les deux pieds de sous ses couvertures et les posa au sol. Il sa frotta pensivement les yeux, l'esprit troublé. Qui était l'homme de son dernier rêve? Cette silhouette encapuchonnée... Les paroles qui l'avaient réveillées résonnaient encore dans sa tête : "La mort est déjà à ta porte, Ejamer Skipin, tu ne l'entends pas, mais la mort est déjà à ta porte."
Ses poils se hérissèrent, ne lui avait-t-on pas toujours dit depuis sa plus tendre enfance de faire confiance à ses songes? Quelle sombre prophétie de rêver de sa mort, non plutôt l'annonce de sa mort.
"Superstition, marmonna-t- il pour lui même, ressaisis toi Ejamer,ce ne sont que des superstitions... rien que des superstitions, des superstitions...". Il se le répéta trois fois pour essayer de se convaincre, à chaque fois voix était moins assurée de ses dires.
N'avait-il pas déjà eut des rêves prémonitoires? Pourquoi donc douter de leur existence alors? Pendant la guerre il avait rêvé de l'embuscade à Miroyes. Son rêve s'était révélé juste sur toute la ligne à l'époque. Ne devait-on pas alors aboutir à une conclusion évidente?
Il se leva rageusement, enfila rapidement quelques vêtements qu'il avait abandonné en vrac par terre la veille et maudissant à mi-voix le ciel, il alla ouvrir la porte de sa chambre, s'attendant presque à voir un démon dans l'embrasure. Rien.
Il claqua la porte, plaça deux ou trois jurons bien choisis et alla se recoucher.
Il se tourna et se retourna des heures dans son lit, obsédé par la voix calme et envoutante qui lui prédisait encore et encore un décès prématuré.
Il se décida après un long moment à quitter de nouveau son lit. Il se releva et alla à sa fenêtre qu'il ouvrit en grand pour contempler le matin.
Sa chambre, située au premier étage, offrait une vue magnifique sur le port et le soleil levant. C'était un spectacle dont les sens ne se lassaient jamais.
Cents nefs élancées venant cents horizons différents, cents navires présentant tous les pavillons de toutes les contrés de l'empire, toutes et tous surmontés d'un halo compliqué de gréements, oscillant lentement au rythme de la houle et de la brise matinale, c'était une pure vision d'exotisme dont les yeux se régalaient pareillement chaque jour.
Le soleil encore à ses premières heures enflammaient la mer et l'architecture changeante des nuages de pourpres et de vermeils splendides. Et Les quais et les ponts des navires, humides et luisants paraissaient ainsi éclairés par cette divine lumière des sols de marbre de quelque antique palais.
L'air était pur et vivifiant venant du grand large tout chargé d'embrun aux senteurs salines. Quelques individus flânaient sur les pontons, sombres silhouettes découpées par les rayons rasants. On aurait dit des êtres faits d'ombres et enveloppés de mystère.
Ejamer ferma les yeux et inspira profondément pour s'imprégner de cette atmosphère délicieuse. Peu à peu les battements de son cœur se calmèrent. Il rouvrit les yeux et sourit. Il devait s'être trompé : la journée s'annonçait merveilleuse.
Il referma donc la fenêtre, ainsi rassuré et tâcha de se vêtir plus convenablement, c'est là que son regard s'accrocha à son épée accrochée au mur. Devait il la prendre? "Cela ne peut pas faire de mal, grommela t il". Il ceignit le baudrier. Il grimaça : le poids à son coté était inhabituellement inconfortable. Une pensée incongru lui traversa l'esprit: Savait il encore se battre?




Dernière édition par Nefertis le Lun 1 Mar - 22:34, édité 1 fois
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Silence
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MessageSujet: Re: Une petite histoire   Ven 1 Jan - 2:47

Je salue avec bonheur la mise en scène d'un personnage pour le moins... Antihéroique.
On ne voit pas assez de types "normaux" dans l'univers Fantasy.

Du reste, cela avance lentement mais surement. Attention aux fautes de frappe, cependant.


"Au gibet noir, manchot aimable,
Dansent, dansent les paladins,
Les maigres paladins du Diable
Les squelettes de Saladin."


Rimbaud ; Le bal des pendus

"Et les nénuphars, parmi les roseaux,
Les grands nénuphars sur les calmes eaux."


Verlaine ; Promenade sentimentale

Où s'en va l'acquêt, que cuidez ?
Tout aux tavernes et aux filles.


Villon ; Ballade de bonne doctrine à ceux de mauvaise vie
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MessageSujet: Re: Une petite histoire   Dim 3 Jan - 23:58

J'attends la suite avec impatience
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Nefertis
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MessageSujet: Re: Une petite histoire   Mer 6 Jan - 18:31

Ejamer n'est pas vraiment normal... Il a un passé assez noir quand même mais c'est vrai qu'à part quelques réflexes d'autres fois, il ne reste plus grand chose du jeune homme qu'il était ! Merci pour vos com'

Voici la suite.

Il dégaina et se mit maladroitement en garde. Son bras n’avait plus sa fermeté d’autrefois. La pointe avait invariablement tendance à piquer vers le bas. Il fit quelques mouvements peu rapides pour se remettre en jambe puis enchaîna avec des exercices complexes dont il avait oublié jusqu’aux nom mais dont son corps se souvenait encore.
Au bout d’une dizaine de minutes, il était en nage, hors d’haleines. Il s’y attendait et pourtant il ne put s’empêcher d’être déçu. Il avait tant perdu ! Il avait pratiquement tout perdu en fait, si il devait se battre le combat devrait être rapide et s’achèverait vite d’une façon ou d’une autre. Il regarda son ventre d’un air songeur et essaya en vain de deviner le corps athlétique de ses vingt ans sous l’épaisseur de graisse qu’il avait cultivé cette dernière décennie. Il renonça, de toute façon se battre n’était pas vraiment d’actualité.
Après un petit déjeuner inhabituellement frugal prélevé dans le véritable festin que lui avait préparé sa bonne : Armelle. Ceci terminé, il partit pour son bureau.
Tout en se faisant, obéissant à sa routine, il dressa mentalement la liste des tâches qu’il avait à accomplir aujourd’hui en plus de se faire un sang d’encre pour un stupide rêve pseudo prémonitoire.
Premièrement il allait devoir tirer les oreilles au capitaine de l’Auloin qui n’était toujours pas venu chercher ses marchandises dans l’entrepôt 2 boxes 1 à 5, cela faisait déjà trois jours de retard. Il allait falloir penser à une majoration substantielle pour sanctionner cet abus.
Deuxièmement, il y avait ce problème avec l’entrepôt 5, une marchandise avait été abîmée lors de son déchargement. Il faudrait qu’il aille voir ça de plus près. Mais il ne se faisait pas de mouron pour ça, une ou deux couronnes bien dépensées auraient tôt fait de faire taire le plaignant.
Troisièmement, il y avait toutes les tâches usuelles et habituelles : payer les débardeurs, dresser le rapport des activités pour le collecteur des impôts, inspecter les locaux, de plus on avait encore trouver un cadavre sur la grève, il allait de nouveau devoir tenter d’identifier un corps gonflé et défiguré. Cela devait être un des menu inconvénients de vivre dans ne grande ville au bord de l’eau : les gens se permettaient de jeter n’importe quoi dans le fleuve ou dans la mer en oubliant que ça allait leur revenir dessus à la prochaine marée ou peut être qu’il le savait pertinemment mais qu’il manquait de civisme… on ne peut pas en demander trop aux assassins et aux voyous tout de même.
Une journée bien fournie. Elle se passa sans encombre, tout avait l’air d’aller pour le mieux. Le noyé lui rappela confusément le cadavre de Fadelgass qu’on avait retrouvé percé de part en part deux mois plus tôt. Ce vieux voyou de Fadelgass, il aurait du se reconvertir dans un secteur plus paisible. Qui vivra par l’épée, mourra par l’épée comme disait le livre de Varla avec raison. En parlant d’épée, on lui avait demandé au moins quinze fois pourquoi il portait l’épée maintenant. Difficile de dire qu’il avait les jetons à cause d’un rêve de la nuit dernière !
Quand il rentra chez lui, un homme l’attendait à sa porte. Le premier réflexe de Fadelagass fut de partir en courant dans la direction opposée. Il se raisonna, l’homme n’avait pas vraiment l’air dangereux… En fait en lieu et place d’un homme, c’était plutôt un garçon qui faisait le pied de grue devant chez lui. Il portait des vêtements amples de matelot et était plutôt petit… A cette distance on ne pouvait distinguer autre chose à cause de l’immense ombre que projetait le soleil couchant.
Ejamer s’avança donc d’un pas sûr vers le garçon. Quand l’autre le vit, son visage s’éclaira –à croire qu’il poireautait depuis longtemps ici-. Ejamer -tout en continuant d’avancer- se mit à réfléchir. Quelle affaire pouvait donc être si importante pour qu’on envoie ainsi un messager l’attendre chez lui ? Un problème avec une cargaison ? Un autre cadavre ? « Varla, que ta sagesse m’épargne cela, articula t-il en une prière silencieuse ». Il n’avait pas le courage d’affronter cela encore une fois aujourd’hui. Demain peut être, mais il y avait des limites au supportable et même les pires voyous devraient savoir qu’on assassine pas deux personnes le dimanche !
« -Bonjour, dit-il au matelot, qui t'envoie ?
-Bonjour monsieur, lui répondit le garçon dans un effort pour être poli (il était manifeste qu’il n’avait qu’une seule envie et que ce n’était pas passer la soirée ici), c’est le capitaine Aldos du Sanriang qui m'envoie. Vous êtes bien monsieur Skipin ?
-c’est moi-même, répondis Ejamer intrigué.
-j’ai ceci pour vous, à vous remettre en main propre. »
Le garçon sortit de sa poche un tube de métal scellé aux deux bouts. Sur le coté était gravé une arabesque compliquée et au centre de cette gravure, on pouvait voir un minuscule trou de serrure.
Les yeux d’Ejamer s’écarquillèrent. Il ne put réprimer un tremblement nerveux. Comment après tout ce temps ? Comment cela se pouvait-il ?... Le jeune matelot le regardait bizarrement. Ejamer fit un effort pour se reprendre ;
« -Merci, réussit-il à bafouiller » malgré tout, sa voix tremblait un peu. Sa gorge était nouée par l’émotion et son interlocuteur le regardait vraiment bizarrement.
« -Merci, répéta Ejamer d’une voix plus sûr mais encore étranglée. Il prit le tube.
Il sortit de sa bouse une pièce qu’il glissa dans a paume du matelot. Celui-ci se confondit en remerciement et partit à toutes jambes.
La petite partie du cerveau d’Ejamer qui fonctionnait encore s’interrogea sur le pourquoi de cette précipitation. Il n’eut pas besoin de chercher bien loin, il avait donné de l’or au matelot ! Il aurait au moins fait un heureux aujourd’hui !
Le tube glacial lui brûlait les mains. Il ne pouvait en détacher ses yeux. Il courut jusqu’à sa chambre, répondant brièvement au « bonsoir » d’Armelle, montant les marches quatre par quatre. Il s’assit devant son bureau, le souffle court. Il fit quelques exercices pour retrouver son calme.
Son sang froid retrouvé, il ouvrit un tiroir à sa droite et le vida de son contenu. Il tritura le fond qui s’ouvrit en un déclic sonore pour révéler un double fond exigu. Au centre, sur le bois sombre, se trouvait une minuscule clé d’un noir d’obsidienne aux dentures complexes.
Ejamer la prit avec une lenteur presque cérémoniale. Il avait peur en réalité, il voyait lentement le passé ressurgir. Tant de choses enterrées sous tant d’années semblait vouées à ressusciter aujourd’hui… Il en avait peur, la violence après le calme des dix années tranquilles qu’il avait passé, une décennie plus tôt, là où tant d’autres avaient péri, il avait survécu, le pourrait-il encore privé de sa force et de sa jeunesse ?
Il introduisit la clé. Le tube s’ouvrit pour délivrer un fin rouleau de papier ; Ejamer le prit et le déroula soigneusement, il était couvert d’une belle et fine écriture aux boucles serrées. Ejamer la reconnut aussitôt : Ross Thialt. Il devait avoir de sérieux ennuis pour utiliser ce canal. « Voyons voir, murmura tout bas Ejamer, voyons voir ce qu’écrit ce vieux loup de mer. »

« Cher Ejamer,
Voilà bientôt cinq ans que tu as décidé de faire cesser notre correspondance. J’ai respecté ton choix. Tu voulais faire cesser notre amitié dans l’espoir d’oublier la seconde légion, je ne m’y suis pas opposé. Je vis tourné vers le passé, tu voulais vivre tourné vers le futur. Puisses tu avoir réussi dans ce chimérique but.
Hélas ! Cinq ans déjà ! J’ai parfois l’impression que les années passent plus vite que les jours et que nous effleurant juste des ailes de la vieillesse, elles s’enfuient plus vite que le vent accrochant à nos cheveux des fils d’argent. Le temps a passé, beaucoup de souvenirs ont péri délaissé dans le grenier sombre et froid de nos mémoires. Mais d’autres sont restés immortels, je me souviens de toi comme de tous nos autres compagnons comme si notre séparation datait d’hier.
Excuse moi, je m’emporte, je ne t’ai pas écrit pour pareil badinage. Et je ne t’aurai pas écrit si les circonstances ne me l’imposaient pas. Je te laisse en juger par toi-même. Je ne te dirai ici que les faits, le plus objectivement possibles. Je te laisse ainsi te forger ta propre opinion, tes propres conclusions. J’imagine que tu ne tarderas pas à les trouver évidentes.


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Une petite histoire
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